Il marche avec l'assurance du gagneur,
Certain qu'il est de me toucher au cœur.
Il se sait, pour l'avoir en d'autres temps été,
Encore Dieu et bel être hautement vénéré.
Souvent son regard me transperce d'un coup,
Et il en ferait à coup sûr de même avec vous,
Devinant au-delà de mon corps devenu comme transparent,
Une entité ou que sais-je, dont lui seul a le pressentiment.
Je le caresse, y trouvant du plaisir,
Chaque fois qu'il m'en prend le désir,
Mais je ne suis pas bien sûr que son corps de félin
Ne décide pas lui-même de venir vers ma main.
Puis il cligne des yeux, se voulant indulgent,
Avant de s'en aller fier et nonchalamment,
Comme las de ne pouvoir me faire comprendre
Combien j'ai encore beaucoup à apprendre.
Car il sait tout. Tout de moi et de mes urgences.
Tout de mes détresses et de mes impatiences.
Et quand je me demande pourquoi il ne me dit rien,
Une voix, sa pensée?, me dit que je cherche trop loin.
Que je ne vois pas la beauté qui m'entoure,
Que je me satisfais à compliquer mes jours,
Et que si comme lui je comprenais mieux la nuit,
Tout ne me semblerait pas forcément gris.
Le temps n'a jamais d'emprise sur lui,
Ni l'immémorial venu du fond de la nuit,
Tant et si bien que s'il passe journées à dormir,
C'est que rien, jamais, ne peut l'obliger à obéir.
Pourtant dans ses rêves parfois il se bat
Contre je ne sais quel humain ou contre quoi,
Mais je sais, pour parfois le regarder,
Que vainqueur toujours il va se réveiller.
Après s'être étiré de tout son corps
Il s'en va au jardin humer la flore,
A la recherche, dans cette jungle à sa taille,
D'un mets savoureux pour faire ripaille.
Mais c'est la nuit que ce maître à quatre pattes,
Perçant les ténèbres de ses grands yeux d'agates,
Me fait humblement comprendre ses capacités,
Dont je ne pourrai, ô grand jamais, même rêver.
Et quand bon prince, en pleine nuit, il vient me faire présent
D'un rat ou d'une souris croqués à belles dents,
Je veux croire que cet immense hommage qu'il me fait
N'est pas pour me démontrer combien je suis imparfait.
Non, jamais ce petit être d'intelligence et d'affection,
N'aurait l'impudeur, tant il est sagesse et perfection,
De s'abaisser, comme malheureusement nous humains,
A croire comme acquise la mainmise sur notre destin.
Pourtant depuis des millénaires, inconscient que vous êtes,
Il vous dirige et vous conseille, neurone virtuel en votre tête.
Et à votre grand dam, jamais ce bijou ne domestiquerez,
Mais parce que vivant chez vous, en êtes faussement persuadé.
Oui toi, le chat, qui m'amène à tant d'humilité,
Jamais je n'aurai de cesse de t'admirer,
Et quand je te crois là alors que tu es parti,
Le souvenir de tes ronrons réchauffe ma vie.
Eric, le 29 mai 09.







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